Nous sommes chez Amandine et Sébastien dans un appartement qui donne sur les toits de Paris. Dehors la Fête de la Musique bat son plein. Ici, le calme règne. Maxi verrière. Balcon fleuri. Un canapé en tissu simple et douillet. Un synthé XXL trône sur une estrade, devant une bibliothèque lambrissée… Ce nid d’amour et de création musicale a de bonnes ondes.
Brune élancée au teint de porcelaine. Cheveux longs et souples. Comédienne de théâtre et de cinéma ainsi que DJ, Amandine de la Richardière a participé à plusieurs clips de musique : entres autres, à ceux de son chéri, Sébastien Tellier. Elle a notamment prêté sa voix à son album « Sexuality » et collaboré à la réécriture en français de « Divine » (morceau de Sébastien choisi pour représenter la France à l’Eurovision).
C’est tout naturellement qu’elle s’est fait « une place au soleil » dans le monde du « clubbing » en s’occupant de la communication du Man Ray (club parisien lancé par une joyeuse bande d’acteurs américains – tels que Sean Penn, John Malkovich et Johnny Depp – dans les années 90) :
J’étais toute jeune. Je n’avais que 20 ans, mais pour moi, c’était naturel de travailler la nuit… J’avais déjà eu des petits boulots de serveuses dans des lieux ouverts tard le soir.
De la Richardière ? Son nom de famille évoque une enfance dorée plutôt bucolique : style « Vie de Château »… En fait Amandine a grandi dans une ambiance rock’n’roll. Papa producteur de disques ? « Non, dans l’import-export en Afrique » : Mon père était un fan absolu des Rolling Stones. C’est lui qui nous à ouverts à la musique… Avec ma sœur Candice, il nous amenait en coulisses. Il connaissait le chanteur et musicien Blondie Chaplin, percussionniste des Stones… C’est devenu une passion familiale !
Au générique de Bus Palladium – long métrage de Christopher Thompson dépeignant la descente aux enfers d’un groupe de rock – Amandine de la Richardière y incarne le rôle de Josie qu’elle décrit comme la « Régine » du Bus Palladium (club mythique des années 60 à 80, récemment ouvert à nouveau lors de la sortie du film) : Josie c’est celle qui accueille tout le monde et qui met de l’ambiance. C’est elle qui ‘lance la sauce’ comme on dit dans le métier ! Ce qui m’a plu dans le casting c’est que tous les acteurs jouaient vraiment. Ils étaient tous musiciens. Parmi eux, le guitariste Yarol Poupaud (ndlr le frère du comédien Melvil Poupaud, qui a rejoint à la fin des années 80 le groupe FFF co-fondé par Marco Prince chanteur et compositeur et Nicolas Baby bassiste).
Autre apparition dans un film à la croisée de l’univers du cinéma et du monde de la musique : En 2008, dans C’est pour quand ? un court métrage de Katia Lewkowicz diffusé sur Canal+ avec Benjamin Biolay dans le rôle principal – ça racontait un coup de foudre au beau milieu d’un goûter d’anniversaire plein d’enfants et de parents surexcités.
Vue au grand écran dans Paris, je t’aime avec Fanny Ardant et Bob Howard, Amandine a une filmographie variée qui inclut une comédie de Julien Baillargeonintitulée 118 318 Sévices clients (en salles le 22 septembre) … Rien à dire, en matière de titres de films et de spectacles « cette petite » a le goût du risque ! En 2009, elle cartonnait au théâtre avec La demoiselle aux crottes de nez de Richard Morgiève. Sans rire, elle nous explique aujourd’hui qu’il s’agissait d’une jeune fille « en quête d’identité à travers son corps » !
Ses projets actuels ?
Des longs métrages assez « décalés « que nous tournons entre potes en Super 8… De faux films surréalistes – inspirés par Salvador Dali et Roland Topor – qui se passent dans des lieux mystérieux. Au début, le désert est là. On le voit et brusquement il n’est plus là : Bim !
Amandine de la Richardière prépare aussi « un quatre titres maxi » (un album pour lequel elle va s’inventer un nom d’artiste). Elle parle du plaisir de mixer avec gourmandise, maniant les onomatopées de bandes dessinées aussi facilement que Brigitte Bardot dans la chanson de Serge Gainsbourg « Comic Strip »…
J’adore envoyer la sauce ! C’est la notion de transition qui compte… J’achète de la musique sur Internet. Je réunis les morceaux les plus festifs sur CD. Après, je les choisis en fonction des gens et de l’ambiance. Si je vois un couple qui s’éclate sur un morceau… Bing ! Je ne les lâche pas et en général les autres suivent ! Je casse le rythme et je reprends. C’est comme si on t’apportait un plat délicieux. Tu salives devant. On te le retire – par exemple, pour rajouter du sel… et on te le ramène : là, c’est l’extase !
Comme les surfeurs, les « mixeurs » ont leurs « spots » préférés. Le spot de DJ le plus spectaculaire selon Amandine ?
Coachella, près de Palm Springs en Californie. C’est l’un des festivals les plus extraordinaires du monde ! Il y a cinq ou six scènes immenses, avec six platines chacune… C’est dans une vallée au bord du désert. Tu as des rues et des maisons, et tout d’un coup… Bing ! Le désert. Au-delà du désert, on aperçoit des montagnes avec des sommets enneigés.
Ses DJ préférés ?
Pour moi, celui qui met le feu c’est SebastiAn ; Il envoie des sons énormes ! C’est « sexy et nasty »… On s’imagine faisant la fête autour de la piscine d’un hôtel Californien en été. J’adore ce que l’actrice Asia Argento dégage. Je l’ai vue mixer à Cannes… Elle fait un « featuring » sur un morceau de Munk : « Live fast, die old »… Très cool !
Pour elle, rien de tel que de mixer en plein air…
On est à la fois dans la nature et dans la technique. C’est magique de mixer devant un coucher de soleil ! Tu suis la courbe du soleil avec ton tempo ! Cet été, je mixe au Papagayo à Saint-Tropez.
Des secrets pour garder le teint frais quand nous ferons la fête jusqu’à l’aube cet été ?
Si je sais que je vais mixer toute la nuit, j’alterne entre les bulles : « une coupe-un verre d’eau pétillante-une coupe-un verre d’eau pétillante »… Et en rentrant, je me fais un thé ou une tisane… Une petite sieste au milieu de l’après-midi, c’est aussi une bonne idée ! En anglais, ça s’appelle « beauty sleep »…
Côté maquillage, surtout pas d’excès…
J’ai tendance à « twister » entre maquillage et look : presque pas maquillée pour une tenue habillée, ou alors un beau rouge à lèvres avec juste des jeans et un T-shirt. Jamais le total « truc » ! Si tu as tout en même temps, c’est l’« overdose » !
En matière de mode, Amandine « twiste » aussi. Elle « mixe » les styles…
J’aime bien partir d’une « belle pièce » pour « twister » un look. En ce moment, j’ai une veste en maille très colorée qui fait un peu mexicaine, avec des fils d’argent… Elle peut se porter avec des jeans et des talons ou une robe toute simple. Elle fait à la fois habillée et relaxe.
Et pour rester en forme ?
Plus je rentre tard, plus je me lève tôt pour aller courir au parc, avec de la musique bien sûr ! Si j’oublie mon iPod, c’est bien simple, je suis obligée de remonter le chercher !
LE MIX ESTIVAL IDÉAL ?
APRIL STEVENS / TEACH ME TIGER
THE BEACH BOYS / DARLIN’
WHAM / WAKE ME UP BEFORE YOU GO GO
INXS / NEED YOU TONIGHT
MR FLASH / COUSCOUS
KELLY ROWLAND / WORK
PRINCE / MY NAME IS PRINCE
DAFT PUNK / ROBOT ROCK
SEBASTIEN TELLIER / KILOMETER
Et pour finir…
LES BANGLES / ETERNAL FLAME
Crédits photos :
Amandine de la Richardière « at home » © Nathalie Mazeas
Amandine derrière les platines © Julien Weber
